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Accueil Actualités Étanchéité de façade : revêtements étanches, imperméabilité I1 à I4 et hydrofuges

Ce que l’on appelle couramment un « revêtement étanche » de façade porte, en termes techniques, le nom de revêtement d’imperméabilité. La nuance compte : une façade ne doit jamais être totalement étanche. Elle doit empêcher l’eau de pluie d’entrer, tout en laissant sortir la vapeur d’eau contenue dans le mur.

Une façade enfermée sous un revêtement trop fermé garde son humidité, et le revêtement finit par cloquer. Tout l’enjeu est donc de choisir la bonne protection selon votre mur et son état.

 

Par où l’eau entre-t-elle dans une façade ?

Avant de choisir un revêtement, il faut repérer les points faibles. Ce sont presque toujours les mêmes :

  • Les fissures, même fines : l’eau s’y engouffre et le gel les agrandit chaque hiver.
  • Les joints de maçonnerie dégradés, sur les murs en pierre ou en brique.
  • Les raccords autour des fenêtres, des portes, des balcons et des appuis de fenêtres.
  • Les façades les plus exposées à la pluie et aux vents dominants, souvent à l’ouest.
  • Les gouttières qui débordent ou fuient et font ruisseler l’eau sur le mur.

Aucun revêtement ne compense un raccord de fenêtre mal fait ou une gouttière percée : ces points sont traités en premier.

 

Ce que provoquent les infiltrations

  • Dégradation des matériaux : l’enduit se décolle, la pierre se délite, le bois pourrit.
  • Moisissures à l’intérieur, avec un impact sur la qualité de l’air.
  • Isolation moins efficace : un isolant mouillé perd une grande partie de sa performance.
  • Fissures qui s’aggravent sous l’effet des cycles de gel et de dégel.

 

Les 4 solutions de protection, de la plus légère à la plus complète

Solution Ce que c’est Pour quel mur Traite les fissures ?
Hydrofuge Produit incolore qui pénètre le support et repousse l’eau Pierre, brique, béton apparents en bon état Non
Peinture de façade Film coloré microporeux qui protège et décore Enduits sains, sans fissures actives Microfissures seulement
Revêtement d’imperméabilité (classes I1 à I4) Revêtement épais et souple qui ponte les fissures Façades fissurées, exposées à la pluie Oui, selon la classe
Nouvel enduit ou bardage Nouvelle peau sur le mur Façades très dégradées, ou en complément d’une isolation Oui, après réparation

 

L’hydrofuge : invisible et respirant

L’hydrofuge garde l’aspect naturel des matériaux, ce qui le rend idéal pour la pierre ou la brique apparente. Il réduit l’absorption d’eau sans fermer les pores du matériau. Il ne bouche ni les fissures ni les joints creux : ils doivent être réparés avant.

La peinture de façade : protection et couleur

Une peinture de façade de qualité est microporeuse : elle bloque la pluie et laisse respirer le mur. Elle convient aux enduits en bon état. Sur un mur ancien en pierre ou en pisé, on privilégie des peintures minérales (à la chaux ou au silicate), plus perméables à la vapeur. Voir notre page peinture de façade.

Le revêtement d’imperméabilité : pour les façades fissurées

Plus épais et plus élastiques qu’une peinture, ces revêtements sont encadrés par la norme NF DTU 42.1 et classés de I1 à I4 (détail dans la partie suivante).
C’est la bonne solution pour une façade très exposée avec des fissures fines, une fois leur cause traitée. Pour une fissure structurelle, aucun revêtement ne remplace le traitement de fond (voir notre guide façade fissurée).

Le nouvel enduit ou le bardage

Quand l’enduit existant est trop dégradé, on le remplace. Un enduit monocouche ou à la chaux, selon le support, redonne une protection complète. Le bardage, posé sur ossature, crée une lame d’air ventilée devant le mur ; il est souvent associé à une isolation par l’extérieur.

 

Revêtement d’imperméabilité : les classes I1 à I4 expliquées

Les revêtements d’imperméabilité de façade relèvent de la norme NF DTU 42.1. Ils sont classés de I1 à I4 selon leur capacité à couvrir des fissures et à suivre leurs mouvements. Ils s’emploient sur des façades faïencées, microfissurées ou fissurées, tant que les fissures ne dépassent pas 2 mm.

Classe Support visé Usage typique
I1 Faïençage, microfissures Enduit sain mais faïencé, à protéger
I2 Microfissures et fissures fines Façade exposée avec quelques fissures fines
I3 Fissures fines plus ouvertes Façade avec des fissures nombreuses
I4 Fissures les plus larges, jusqu’à 2 mm, système souvent armé Façade très fissurée et très exposée

 

Vous verrez parfois une double notation sur les fiches produits, par exemple A2 (I1) à A5 (I4) : c’est la même échelle, exprimée selon une autre norme de classement.

À ne pas confondre avec les peintures et revêtements décoratifs classés D2 ou D3 (NF DTU 59.1) : ils protègent et décorent, mais ne sont pas conçus pour ponter des fissures.

Trois règles avant de choisir une classe :

  1. Les fissures sont traitées avant l’application, quelle que soit la classe.
  2. Une fissure évolutive ou structurelle ne se règle pas avec un revêtement : il faut d’abord traiter sa cause.
  3. Un revêtement d’imperméabilité freine la diffusion de la vapeur d’eau : il est à éviter sur les murs anciens en pierre ou en pisé, et sur les murs humides.

La classe adaptée est déterminée par une étude préalable de la façade, que le DTU impose avant le chantier. Pour aller plus loin, la FFB publie un calepin de chantier illustré sur le NF DTU 42.1.

 

Comment choisir ? Nos règles de façadier

  1. Mur ancien (pierre, pisé, brique pleine) : priorité à la respiration. Enduit à la chaux, peinture minérale ou hydrofuge, jamais de revêtement fermé.
  2. Enduit sain, quelques microfissures : peinture de façade microporeuse.
  3. Façade exposée avec des fissures fines : revêtement d’imperméabilité, de classe adaptée à la largeur des fissures.
  4. Enduit qui sonne creux ou se décolle : purge et nouvel enduit.
  5. Projet d’isolation : l’ITE, avec son enduit de finition, assure à la fois l’isolation et la protection contre la pluie.

 

Les étapes d’un chantier d’imperméabilisation

  1. Diagnostic du support et test d’adhérence de l’ancien revêtement.
  2. Nettoyage et traitement antimousse.
  3. Réparation des fissures et reprise des joints.
  4. Traitement des points singuliers : appuis, raccords de menuiseries, bandeaux.
  5. Application du revêtement en plusieurs couches, hors pluie et hors gel.

 

Combien de temps dure une protection de façade ?

Tout dépend du produit, du support et de l’exposition. En règle générale, un hydrofuge se renouvelle plus souvent qu’une peinture de façade, et un revêtement d’imperméabilité dure plus longtemps qu’une peinture. Demandez la durée de garantie inscrite sur le devis.

 

FAQ

Revêtement étanche ou revêtement d’imperméabilité : quelle différence ?

Aucune dans l’usage courant. « Revêtement étanche » est le terme employé par les particuliers, « revêtement d’imperméabilité » le terme technique de la norme NF DTU 42.1.

Une peinture « étanche » est-elle une bonne idée ?

Pas sous ce nom. Une peinture vraiment étanche à la vapeur enferme l’humidité dans le mur et finit par cloquer. Cherchez une peinture imperméable à l’eau mais perméable à la vapeur, dite microporeuse.

Hydrofuge ou peinture : que choisir ?

L’hydrofuge, si vous voulez garder l’aspect naturel d’une pierre ou d’une brique en bon état. La peinture, si le mur est enduit ou si vous voulez changer de couleur.

Un imperméabilisant peut-il régler des remontées capillaires ?

Non. Les remontées capillaires viennent du sol et se traitent à la base du mur. Un revêtement fermé les aggraverait (voir humidité des murs et ravalement).

Protéger votre façade des infiltrations

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